Le textile, le lien, la ligne et les horizons sauvages forment la base de travail de Claire Tingaud, et le tissage un prétexte, son outil.

Inspirée par les techniques ancestrales, elle se retrouve en immersion totale dès 2014 auprès de la communauté Dayak Desa, située à Bornéo en Indonésie, afin d'approfondir sa recherche sur la technique tissée et colorée et le discours qui les complètent, accompagnée par l'ONG PRCF Indonesia et soutenue par la Fondation Culture & Diversité et l'UNESCO.

Suite à ce premier échange où les cultures et les pratiques se frottent, elle voit dans cette rencontre un discours plus prégnant qui s'installe en elle. Elle concilie ce discours avec une interprétation directement lié au paysage qui l'entourent, et complètent l'expérience. 

Elle additionne à ces premières nourritures artistiques une deuxième immersion en 2015 auprès de la communautés Tz'utujil du Lac Atitlan au Guatemala, avec l'association Cojolya, augmentée par des terrains volcaniques et sauvages qui s'imprègnent.

Deux autres pérégrinations finiront d'enrichir cette première strate en 2016, où elle continue sa recherche au sein de la résidence d'artiste Design for Peace au Burkina Faso, puis lors d'un périple solitaire en traversée de l'Islande. Des productions succinctes, des recherches, des expérimentations autour du textile et d'un discours, qui courent sur ces routes parcourues. 

 

Suite à ces traversées géographiques, sa volonté tend à lier l'humain à la matière, autant dans le récit que dans la forme et la réalisation finale. 
Elle guide sa création au travers des éléments et des chemins qui se croisent et s'entremêlent. 

Le textile devient support et outil de son discours, une mise en abime. 

En 2017, en résidence aux Arts Codés et avec l'Atelier GAMIL, elle rencontre le feu au travers du soufflage de verre pour y associer ses fils qui fusionneront pour quitter l'état de recherche de surface d'un récit textile et se diriger vers la forme et la sculpture.

En 2018, Claire Tingaud revient aux sources et installe son atelier sur la marche des volcans du Massif Central, en Creuse, afin d'y prendre le temps de formuler le contenu de ses expériences de paysages humains, et commence à participer à plusieurs expositions collectives en France. 

En 2020, la forme stable et fixe ne suffit plus à présenter l'entièreté de ses recherches, et elle décide d'associer son travail à une dimension nouvelle qui tend vers l'installation, l'amenant à collaborer avec le concepteur et plasticien sonore Frédéric Blin et les radios indépendantes locales.

Elle vient rendre compte de ses odyssées directement dans le paysage, aussi bien dans l'horizon qui l'entoure que dans les tableaux que la matière lui présente, et initie des partenariats avec le Centre de résidence artistique internationale de La Métive au Moutier d'Ahun, et le Village de Pierre de Masgot, mais aussi les écoles et les municipalités locales. 

Claire Tingaud, artiste plasticienne